Présentation

johnnyhallydaystar

Pseudo: Adriana EVANGELIZTCatégorie: MusiqueDescription:
Johnny Hallyday... on le critique mais il est toujours là et moi, Adriana Evangelizt, je dis bravo Johnny... il n'y en a pas beaucoup qui ont fait ton parcours en ce bas monde... Pour tous ceux qui aiment l'Idole...
Fais tourner ce blog!

Recommander

Lundi 14 Novembre 2005

Alors là, j'ai trouvé un interview de 2004 où Johnny disait déja sa vérité sur plusieurs sujets... on peut donc penser que l'album qu'il vient de sortir maintenant est une mûre réflexion ou une synthèse de ce qu'il a sur la patate. Universal, l'hôtesse, sa tante... de plus Daniel Rondeau, l'interviewer est une de ses connaissances et la sincèrité est donc de mise.

Encore un sujet de discorde avec mes amis au sujet de la situation financière de Johnny. Ils rigolent lorsqu'il dit "s'il m'arrivait quelque chose, je ne laisserai rien à mes enfants" et de gloser en estimant qu'il aurait pu y penser avant avec tous les milliards qu'il a claqué. Et bien sûr, ils m'ont encore trouvé "partiale" dans ma façon de le défendre. Il faut dire qu'avant, j'étais comme Johnny. L'argent et moi, on était fâché. Je ne voulais pas compter. En 1982, j'ai touché plusieurs millions et au lieu de les mettre de côté... je suis partie faire le tour du monde et j'ai tout claqué en un an. Eh oui... restent les souvenirs... et la galère du poète... donc que Johnny ait profité de la vie, je peux le comprendre tout à fait.

Histoire d'une interview

Il y a trois semaines, coup de fil de l'île Maurice, où Johnny Hallyday se repose après une nouvelle tournée d'hiver. Il souhaite s'exprimer sur sa rupture avec Universal. Nous ne nous sommes pas revus depuis un soir de juillet 2003. Il avait alors évoqué, pour la première fois, des relations tendues avec sa maison de disques. Nous décidons de nous voir dès son retour. L'entretien se déroule en plusieurs séquences. Prélude dans son restaurant à Paris, le Balzac. Rentré l'avant-veille, il paraît en pleine forme, mais très remué par la disparition de Ticky Holgado, qu'il vient de saluer sur son lit de mort. Il n'arrive pas à retenir ses larmes. Plusieurs verres de vin et un paquet de cigarettes, fumées avec une rage froide, n'épuisent pas sa nervosité. Pendant le déjeuner, Johnny se détend en parlant de cinéma. Le producteur Norbert Saada nous rejoint pour le café. Depuis quelques années, Johnny lit des scénarios, rencontre des producteurs, des dirigeants de chaîne de télévision. Il se montre actif et entreprenant dans le montage des films qui l'intéressent.

Quelques jours plus tard, nous retrouvons, toujours à Paris, notre table fétiche au bar de l'hôtel Raphaël. Un expert-comptable assiste à la conversation, pour nous aider à déchiffrer un passé compliqué. Johnny, assez sombre, fait sa figure des mauvais jours. Tombé pendant le week-end sur son bateau, il se déplace avec des béquilles. Ce n'est pas le plus grave. Il s'estime maltraité par sa maison de disques et s'en montre blessé. Johnny a toujours connu des hauts et des bas.

Cette vie hyperbolique, où se devine une souffrance perdue, a été la matrice de sa légende. Mais, cette fois, lui qui a toujours été ressuscité par des projets se trouve empêché de rêver. Incapable de se projeter dans l'avenir, le rossignol encagé tourne en rond à l'intérieur de lui-même. Nous partageons un thé, le premier en trente ans d'amitié. Puis quelques verres de vin blanc, quand même. La fin de l'interview se déroule dans sa maison de Marnes-la-Coquette, en deux temps.

C'est d'abord un homme plus cafardeux que jamais qui m'accueille dans son bureau. Le lendemain, son avocat vient de lui faire savoir que les documents (radios et certificat médical) produits par la jeune femme qui l'accuse de viol étaient des faux, et reconnus comme tels par les juges. L'influx est revenu, la combativité aussi. Il se déclare prêt à aller jusqu'au bout, et à renoncer à chanter, s'il le faut. Johnny le révolté. Un coup de fil nocturne, à son retour d'un week-end à Tanger, au Maroc, apporte à ses propos quelques précisions de dernière heure.
«Ma vérité»
par Daniel RONDEAU

En juin dernier, Johnny Hallyday a fêté ses 60 ans devant le public du Parc des Princes, suscitant une ferveur médiatique plus paroxystique que jamais, après plus de quarante ans de présence sur le devant de la scène. Cet être complexe, aphasique et poétique, suicidaire et dévorant, travailleur infatigable, validait une fois encore sa présence durable sur le podium des mythologies françaises. Après l'apothéose de juin, il est entré dans une zone de tempêtes. Une jeune femme, hôtesse sur un bateau, l'a accusé de viol. Sa participation au financement de l'Amnesia, boîte de nuit lancée à Paris par son beau-père, a suscité diverses rumeurs. Enfin, et c'est le plus important, le chanteur a décidé de rompre avec sa maison de disques de toujours, Universal, provoquant ainsi un véritable séisme dans le monde du show-biz. Pour L'Express, et pour la première fois, Johnny Hallyday s'explique sur ce qu'il considère comme un tournant dans sa vie d'artiste

Qu'est-ce qui se passe?
J'en ai marre.

Marre de quoi? C'est toi qui as décidé de quitter ta maison de disques. Tu n'as jamais expliqué tes raisons.
C'est vrai: pour moi, c'était une affaire privée. Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je n'en peux plus de voir que tout le monde raconte n'importe quoi, que je suis un artiste super bien traité, etc. La vérité est loin de ce qu'on a pu écrire ou dire jusqu'à présent. Je suis un baladin qui gagne sa vie avec sa voix et sa guitare depuis qu'il est môme. Françoise Dolto, la mère de mon ami Carlos, a raconté dans un de ses livres (La Cause des adolescents) les difficultés que j'ai rencontrées à cette époque-là. Carlos venait avec moi quand je n'arrivais pas à me faire payer. Il avait 16 ans, mais il était efficace. Comme disait Maman Dolto, il prenait son rôle de gorille très au sérieux. Si tu veux, j'ai l'impression qu'il y a longtemps que je me fais avoir, et de ça aussi, j'en ai marre.

A part tes premiers disques, chez Vogue, tu as fait toute ta carrière dans la même maison?
Je suis dans la même maison de disques depuis le 1er octobre 1961. Ce jour-là, j'ai signé mon premier contrat avec Philips, ou plutôt ma mère a signé pour moi, car j'étais mineur. Mon deuxième contrat a été signé pour vingt ans (1968-1988), en 1966, sans attendre la fin du contrat précédent. Deux contrats se chevauchant ont été fusionnés en un seul. Depuis, Philips s'est appelé Polygram, Phonogram. Maintenant, c'est Universal, dirigé par Pascal Nègre. La boîte a été revendue plusieurs fois, et moi avec. La direction a changé de tête: j'ai connu sept Pascal Nègre; beaucoup de gens ont bougé à l'intérieur; moi, non, je suis toujours là. J'ai peut-être des défauts, mais personne ne pourra m'accuser d'avoir été léger ou frivole avec mon employeur. Tu en connais beaucoup qui sont restés fidèles pendant plus de quarante ans?

Ça peut vouloir dire que tu t'y sentais bien?
Disons que je ne pensais qu'à mon métier, à mes disques et à mes tournées, sans me préoccuper du reste.

Et, quand tu avais des soucis d'argent, pas de problème, c'est ta maison de disques qui se chargeait de les résoudre?
En 1978, quand j'habitais encore avenue du Président-Wilson, j'ai eu un problème pour payer mes impôts. Je crois que je devais environ 8,5 millions de francs au fisc. Je sais chanter, aujourd'hui je sais jouer la comédie, mais je n'ai jamais pu, jamais su, jamais voulu, diront certains, m'occuper de ce genre de problèmes, que j'ai toujours du mal à comprendre. Compter m'ennuie terriblement.

On t'a aimé aussi pour cela, pour ta façon de jeter l'argent par les fenêtres? De ne pas compter, ni à la ville ni à la scène?
Je suis comme je suis, mais je pense aujourd'hui que j'aurais pu être le même sans forcément devenir l'otage d'un système. Et maintenant je m'aperçois que, dans l'état actuel de mes relations avec Universal, s'il m'arrivait quelque chose, je ne laisserais rien à mes enfants. Cette idée m'est insupportable: j'ai quand même trimé toute ma vie! Avant, je n'y pensais pas. Il y a peut-être un âge pour jeter l'argent par les fenêtres, comme tu dis, et un autre pour penser à l'avenir de ses enfants.

Donc, en 1978, problèmes avec le fisc?
Oui, et mes conseils sont allés trouver ma maison de disques, qui a proposé de me prêter de l'argent, précisant qu'elle prélèverait pour se rembourser 50% de mes revenus. Je ne vais pas entrer dans les détails, je risquerais de m'y perdre, mais disons qu'en 1985 rebelote. Il me manque 3,5 millions, pour le fisc et le reste. J'entre alors dans une spirale infernale qui va durer jusqu'en 1996. De 1978 à cette date, Universal me prête environ 100 millions de francs. Les modalités de remboursement deviennent de plus en plus extravagantes, par des prélèvements directs allant jusqu'à 90% des royalties me revenant, et pèsent sur mes contrats de travail. Je dois m'engager pour de nouveaux albums. Mes contrats de travail ou de prêt n'ont plus de terme; c'est un mouvement sans fin qui m'enchaîne de plus en plus. Au fil des ans, ma maison de disques me dépouille petit à petit d'une part de mes ressources et de mes biens. Je perds la licence de mon nom, mon propre nom quand même, pour certains merchandisings, et la propriété de ma maison, villa Molitor, à Paris, puis de la Lorada, à Ramatuelle.

Tu dois toujours de l'argent à Universal?
Non. J'ai emprunté 35 millions à Universal en 1996. Puis j'ai trimé comme une bête pour rembourser - il n'y a qu'à jeter un oeil sur mon emploi du temps, je n'ai jamais arrêté, tu le sais mieux que personne. Et j'ai acheté ma maison de Marnes-la-Coquette sans passer par eux. J'ai emprunté à une banque, qui est déjà remboursée. Depuis juin 2003, je ne dois plus rien à Universal; c'est la première fois, et je dois dire que je me sens mieux: je n'ai jamais aimé avoir des dettes. Une fois que j'ai été totalement affranchi, je me suis dit: enfin, je vais pouvoir reparler de mes contrats avec eux, en homme libre.

Mais tu t'es accommodé de ce système que tu dénonces maintenant. Un système qui t'arrangeait.
Oui. J'ai eu tort, j'aurais mieux fait d'appeler directement mon banquier. L'argent qui me manque, ce n'est pas celui que j'ai dépensé, c'est celui que l'on ne m'a pas donné ou que l'on m'a pris.

Et, pendant tout ce temps, tu as des gens qui s'occupent de tes affaires, qui te conseillent. Certains sont même tes amis - je pense à Me Daniel Vaconsin.
C'est ce que je croyais. En fait, il s'occupait si bien de mes intérêts que je me suis retrouvé dans l'état que je viens de décrire. Naturellement, j'ai eu des torts: j'ai laissé la bride sur le cou à mes conseils, certains en ont profité, il y en a même eu un qui, dans un courrier adressé à Universal, en 1991, parle de lui comme étant mon «curateur». Au nom de quoi? De quelle décision? C'est tout simplement aberrant, et pour moi révoltant. Je ne peux pas accepter, même si c'est du passé. Bon, au sujet de Vaconsin, puisque c'est de lui qu'on parle, la vérité, c'est que je ne sais pas quoi en penser. Il a certainement été un bon avocat, mais maintenant il devrait aller se reposer à la campagne.
Mais tu as parlé de ces problèmes avec Pascal Nègre, le patron d'Universal?
Evidemment. Je l'ai appelé. Le 4 juillet 2003, il est venu chez moi à Marnes. On a passé deux heures à lui expliquer ce qui n'allait pas. Il m'a dit qu'il n'était pas un homme de droit, ni de chiffres, que son métier, c'était de gérer des artistes. Il m'a dit aussi qu'il m'avait rendu service dès qu'il l'avait pu, qu'il m'avait sorti plus d'une fois de la merde. Il semblait comprendre ce que je disais et ne paraissait pas fermé à d'éventuelles solutions. C'est la dernière fois que je l'ai vu. Depuis, M. Nègre joue l'homme occupé et désinvolte derrière son bureau.
Au moment des grands concerts pour tes 60 ans, il n'y a pas d'animosité entre vous?
Non. D'ailleurs, j'avais resigné avec Universal quelques mois avant. Comme d'habitude, je n'avais pas lu ce que je signais et j'avais fait confiance à mon avocat. L'animosité est venue quand j'ai découvert qu'on me retenait à nouveau une somme énorme sur mes royalties. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Tu sais comment ça se passe: on accepte pendant des années, puis, un jour, c'est fini. Il faut dire qu'il y a aussi un problème avec mes contrats. J'ai lu dans la presse à ce sujet beaucoup d'informations non vérifiées. Je vais t'expliquer comment ça marche, pour les disques. C'est un peu comme les livres: il y a les nouveautés et il y a le fonds. Le fonds, on appelle ça le back catalogue. Pour les nouveaux titres, je touche 21% sur le prix de gros, mais j'ai une singularité sur le marché, c'est que le public achète en permanence mes anciens titres. Je crois que je vends environ 2 millions de disques par an. Sur ces 2 millions, plus de 60% viennent du back catalogue. Pour le dire autrement, quand je sors Marie, mon public achète Marie, mais aussi Diego, Que je t'aime ou Retiens la nuit. Plus je vieillis, plus mon back catalogue prend de la valeur. Pourtant, Universal n'a cessé de baisser mes droits. Au départ, c'était 21% comme le reste, mais c'est passé à 16%, et maintenant je touche seulement 7% sur le back catalogue, on est loin, très loin de ce que j'ai pu lire ici ou là. Et encore, c'est le meilleur des cas, car Universal, pour te citer un exemple concret, a vendu ma compilation Les Cent Plus Belles Chansons à moitié prix, et, sur ce prix, ma redevance n'était plus que de 5,25%. C'est de tout cela que j'ai voulu discuter. Et qu'on arrête de raconter n'importe quoi!
Qu'est-ce qui s'est passé après cette rencontre?
J'ai envoyé une lettre à Pascal Nègre, le 8 juillet. Aimable: «Mon cher Pascal»... Je lui disais qu'il y avait lieu de m'indemniser pour le passé et que, si nous trouvions un accord, un avenir commun pourrait exister.
Réponse?
Deux ou trois jours plus tard, il me disait que j'avais tout faux et terminait par une menace à peine voilée. Je le cite: «Il dépend de toi que les prochaines années soient un cauchemar ou une apothéose.» Charmant, le cauchemar, non? Il me promettait aussi une dérive qui «va durer au moins cinq ans». J'ai consulté un avocat de stature internationale, qui défend les intérêts, notamment, d'Elton John et de Dire Straits. Robert Allan m'a dit qu'il n'avait jamais vu de contrats pareils mais que, dans ce combat, tout le monde laisserait des plumes.
Pourquoi ne pas l'avoir gardé?
Devant des juridictions françaises et avec des problèmes de droit français, mieux vaut un avocat français.
Plus de nouvelles d'Universal, depuis?
Rien, sauf une nouvelle lettre de Nègre, lundi dernier. Pas un mot sur mes contrats. Ce qui me touche le plus, c'est de voir à quel point il me prend pour un demeuré. Je devrais m'en foutre; je n'y arrive pas. C'est trop. J'en ai vu beaucoup dans ma vie, certains se sont parfois un peu foutus de moi, m'ont pris pour un con parce que j'ai souvent eu du mal à parler devant une caméra ou un micro, je le savais, j'encaissais les critiques, même quand je les trouvais injustes ou déplacées. Tu ne m'as jamais entendu me plaindre. Sur scène, j'étais moi-même. C'est là que j'ai toujours donné ce que je pouvais donner de mieux. Dans mes disques aussi. S'il y a quelqu'un censé me connaître, connaître mes qualités et savoir ce que je vaux, c'est Pascal Nègre. Il est payé pour ça. Quand je lis la lettre qu'il m'envoie, j'en suis malade, et révolté. C'est ignoble! Depuis 1961, la maison qu'il dirige est la mienne; j'étais chez moi. Cela m'attriste. Chez Universal, je n'ai plus de relations qu'avec Jean-Yves Billet, qui s'occupe de mes pochettes de disques, des photos, etc., et avec Santi, qui, dans la hiérarchie de la maison, est juste au-dessous de Pascal Nègre. Santi est l'ancien batteur de la Mano negra. C'est le seul de la boutique à être musicien. Je peux toujours parler avec lui, naturellement; il est très embêté par cette situation, mais sa marge de manœuvre est restreinte.
Universal est dans le giron de Vivendi. Tu as rencontré Jean-René Fourtou?
Lundi dernier. J'ai été reçu par un homme très bien élevé, c'est déjà ça, assez chaleureux. C'était une première rencontre: il ne pouvait pas se passer grand-chose. Je lui ai expliqué les raisons de mon mécontentement. C'est un dirigeant; je crois qu'il y a certaines choses qu'il peut comprendre. Il m'a assuré qu'il parlerait le plus vite possible à Pascal Nègre.
«Il y a des jours où je n'en peux plus. C'est dur de chanter dans ce contexte. Si on m'enlève ce bonheur-là, qu'est ce qu'il me restera ?»
Tu sais ce que pensent un certain nombre de gens: tu serais en fait sous l'influence d'André Boudou, ton beau-père.
Encore une fois, j'en ai marre. Je suis marié à une femme formidable, Laeticia. Je parle avec elle. Elle connaît mes soucis. Son père est plus un ami qu'un beau-père. Evidemment, nous avons réfléchi ensemble à ma situation, comme on le ferait dans n'importe quelle famille. André Boudou, qui pense que je me suis toujours fait avoir, m'a conseillé de ne plus me laisser faire. Ceci dit, c'est moi qui décide, et André Boudou le sait bien. A son propos, Universal a menti en disant que je leur avais demandé de m'aider pour le financement de l'Amnesia. Je n'ai rien demandé à personne. Il n'y a pas eu plus honnête qu'André Boudou avec moi. J'ai pris une part dans l'Amnesia (5%), comme j'ai pris une participation dans mon restaurant le Balzac, qui fonctionne depuis quatre ans. Maintenant, j'entends des gens dire que c'est une honte de voir Johnny Hallyday certains soirs à l'Amnesia, que ce n'est pas ma place. Toute ma vie, des copains m'ont demandé de venir faire un tour dans leur boîte, pour leur donner un coup de main. J'ai toujours accepté, toujours rendu service; personne ne s'est jamais étonné. Maintenant, on feint de s'étonner si je vais prendre un verre à l'Amnesia, où j'ai quand même de bonnes raisons de me considérer un peu comme chez moi.
Tu as coupé les ponts avec ta cousine Desta, qui t'a trouvé ingrat et l'a dit.
Pendant des années, j'ai versé une pension convenable à Desta. Quand je me suis rapproché de ma mère, qui est venue habiter quelque temps chez moi - maintenant, elle est dans une maison près de Paris - Desta l'a mal supporté. Elle s'est mise à raconter n'importe quoi et surtout à insulter publiquement ma femme. Il y a des limites...
Allons jusqu'au bout des sujets qui fâchent. Marie-Christine Vo, que tu employais comme stewardesse sur un bateau, t'a accusé de viol.
Il y aura bientôt une confrontation, et je m'y rendrai. C'est ma parole contre la sienne. Je nie les faits dont elle m'accuse. Les seules «preuves» qu'elle a avancées sont des radiographies et un certificat établi par un médecin. Nous savons maintenant que ces radios étaient antidatées de plusieurs mois et que son certificat était un faux. Son médecin vient d'être condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, et à cinq ans d'interdiction d'exercice de la médecine. Apparemment, c'est un spécialiste du certificat bidon. J'espère sortir bientôt de ce cauchemar.
Depuis six mois, ça fait beaucoup pour un seul homme! Noir, c'est noir?
Tu sais, maintenant, c'est vraiment ce qui se passe avec Universal qui me préoccupe. C'est triste d'en arriver là. Il faut que je m'en sorte; il y a des jours où je n'en peux plus. J'aime mon métier - je n'ai pas besoin de le crier sur les toits, tout le monde le sait - mais, pour la première fois, j'ai vécu difficilement ma tournée d'hiver. C'est dur de chanter dans ce contexte. Si on m'enlève ce bonheur-là, qu'est-ce qu'il me restera?...
Tu as des projets?
Comme chanteur, non. Je ne peux pas. J'attends de savoir ce qui va se passer. Ce n'est pas tellement mon genre. Je déteste attendre. Je n'ai pas une journée de sérénité: comment veux-tu penser à ton travail, dans ces conditions? Dans ma carrière, ce qui m'a toujours plu, c'est de faire de l'inédit, des choses que les autres n'avaient pas faites, d'aller au bout de moi-même.
Tu as le cinéma. C'est devenu très important pour toi.
Tu sais comme j'aime le cinéma. Ce n'est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c'est qu'on me prenne au sérieux. Je suis prêt à tout donner pour le cinéma. L'un de mes derniers bons souvenirs, c'est le tournage de L'Homme du train, avec Patrice Leconte et Jean Rochefort. Humainement et artistiquement, ça a été un moment formidable. Le film a bien marché à l'étranger: aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Italie.
Et, pour le cinéma, tu vas continuer à travailler?
Je devais commencer dans quelques jours à tourner Journée rouge, avec Mathilde Seigner. Mais tu sais qu'en France il est difficile de monter un film sans Canal + et sans TF 1. Or Canal + vient de faire savoir qu'il ne pouvait pas confirmer la promesse d'accord que la chaîne avait donnée pour ce film. La chaîne m'a dit que le coup venait d'Universal. Tu vois le genre de méthodes! Tout est suspendu. Ils m'empêchent de travailler. C'est grave.
Canal + a diffusé un reportage autour de la plainte pour viol de Marie-Christine Vo. Tu penses que cette diffusion s'inscrit dans une stratégie de pression?
C'est évident pour tout le monde. Ils sont prêts à tout. Par tous les moyens. Et pas seulement avec Canal +. Quand il y avait eu la première série de la Star Academy, j'avais accepté volontiers d'y participer et d'aller chanter. C'était le début de quelque chose; j'ai donné un coup de main. Pour la deuxième saison, je ne voulais plus apparaître; on me l'a fortement conseillé. C'était donnant donnant. Et insupportable: je me sens prisonnier.
«J'aimerai que mon histoire serve de leçon. Hallyday sera peut-être mort, mais Jean-Philippe Smet restera bien vivant»
Tout n'est quand même pas si sombre: les dernières années ont prouvé que tu étais encore capable de surprenantes montées en puissance.
J'essaie de faire mon métier, de bien le faire. Je ne suis pas un débutant, je ne suis pas un chanteur de la Star Academy. J'ai dirigé seul ma carrière pendant toute ma vie, je représente 5% du chiffre d'affaires d'Universal. Des gens m'ont aidé, bien sûr. Je pense à Gilles Paquet, mais personne ne peut me dire ce que j'ai à faire. Mon meilleur ami a toujours été mon instinct. Mon nom, Johnny Hallyday, je l'ai inventé et fait vivre à la sueur de mon front, contre tout le monde, au début. Combien de tournées en quarante ans, combien de galas, de télévisions? Tout cela en vain? Pour devenir l'esclave doré d'Universal, la marionnette des décisionnaires et des managers, de gens qui n'y connaissent rien, qui s'en foutent et qui veulent décider de ce qui est bon ou mauvais pour moi? J'ai reçu une lettre du fils de Léo Ferré. J'avais dit un jour que j'avais envie de chanter Avec le temps. Il a donc contacté Pascal Nègre pour lui faire savoir qu'il était disposé à me présenter une sélection de titres écrits par son père. Mais Nègre ne m'a jamais rien fait savoir de ses démarches. Cela te donne une idée de l'état d'esprit de ma maison de disques! Il faut que les majors cessent de prendre les artistes pour des imbéciles ou des vaches à lait. Le profit n'est pas tout, le marketing non plus, et l'argent qu'elles gagnent doit être partagé avec les artistes d'une façon plus juste.
Est-ce que tu pourrais retravailler avec Universal?
Oui, à condition qu'ils acceptent de revoir certaines choses.

Avec Pascal Nègre, aussi?
Je n'ai pas besoin de lui. Je travaille avec Santi.
Le jugement des prud'hommes interviendra dans plusieurs mois, en juin prochain.
Je n'ai pas le choix: j'attendrai.

Qu'en dit le métier?
Ceux qui sont un peu au courant me soutiennent. Il y a l'exemple de Sardou. Lui aussi a démissionné de sa maison, Trema. Les temps changent, les chanteurs aussi.

Est-ce que tu as envisagé que tu pouvais perdre?
Bien sûr.

Si tu perds...
Si je perds, je serai un ancien chanteur. Je ne chanterai plus dans les conditions actuelles. Je n'ai naturellement aucune envie d'arrêter de chanter - c'est ma vie - mais je ne serai plus jamais l'esclave d'un système.

C'est grave, ce que...
J'ai été au front non-stop pendant quarante-quatre ans. J'étais le brave petit soldat Johnny. Peut-être un peu fantasque, un peu fou, un peu... excessif - je ne regrette rien, tu connais ma «destroyance» -, mais j'étais toujours prêt à sortir de la tranchée, même quand ça canardait (je me souviens des jets de canettes quand je passais en première partie de Raymond Devos), et je me suis débrouillé pour rester au top. Quand il fallait aller chanter à Fréjus, à Douai ou à Remiremont, en matinée s'il le fallait, j'étais là. Cet hiver encore... Sur le monument aux morts du show-biz, si je perds, il y aura une plaque: «Johnny Hallyday, 1960-2004, assassiné par sa maison de disques.» J'aimerais seulement que mon histoire serve de leçon à ceux qui ont 20 ans et qui entrent dans le métier aujourd'hui. Que mon exemple leur évite de faire des conneries. Ceci dit, Hallyday sera peut-être mort, mais Jean-Philippe Smet restera bien vivant.

Il y a toujours eu du roman dans ta vie. Tu écris un nouveau chapitre: Johnny versus Universal.
Je préférais les chapitres précédents.

Lesquels?
La folie du rock'n'roll. Il y avait un peu plus de fraîcheur, un peu moins d'hommes d'affaires. Ceux d'aujourd'hui ne pensent qu'à presser le citron. Les citrons pressés finissent toujours à la poubelle.


Post-scriptum
En quarante-quatre ans de carrière, Johnny Hallyday a vendu plus de 100 millions de disques, remporté 39 disques d'or (plus de 100 000 exemplaires) et 14 disques de platine (plus de 300 000). A la vie, à la mort!, son dernier double album, sorti à l'automne 2002, a dépassé 1,5 million d'exemplaires.

Sources : L'EXPRESS
publié par Adriana EVANGELIZT dans: JOHNNY INTERVIEW
Dimanche 13 Novembre 2005

Un interview à la sortie de son album "Sang pour Sang"... un de mes préférés... notamment la chanson de Sagan... j'aimais bien cette dame. Une rebelle aussi.

LE SANG HALLYDAY


En famille


Le cru 1999 de Johnny Hallyday s'intitule Sang pour sang. Son nouvel album, qui sort aujourd'hui, multiplie les symboles: toutes les musiques et la co-réalisation du disque sont l'ouvre de David Hallyday, fils de Johnny. Ensuite, une pléiade de plumes réputées ont apporté leur contribution à l'album: des fidèles de longue date (Michel Mallory, Philippe Labro), quelques personnalités habiles (Zazie, Pierre Grillet), des nouveaux qu'on n'attendait pas dans ce rôle (Miossec, Vincent Ravalec) et surtout Françoise Sagan, qui n'avait plus écrit pour la chanson depuis des lustres.

- Ce qui surprend, quand on aborde Sang pour sang, c'est la présence sur le disque d'une chanson écrite par Françoise Sagan.
Johnny HALLYDAY:
- Ce texte a été le point de départ de l'album. Je l'avais déjà depuis deux ans: Françoise l'avait écrit à ma demande, très vite, à la suite d'un dîner. J'avais essayé d'en faire la musique, puis d'autres compositeurs m'avaient proposé des musiques qui ne me satisfaisaient pas. J'aimais beaucoup cette chanson mais j'ai laissé tomber en me disant que personne n'allait y arriver et que, vraisemblablement, ce n'était pas un texte pour une chanson.

Quand j'ai commencé à travailler avec mon fils pour l'album qu'on devait faire ensemble, il m'a dit: "Tu n'avais pas un texte de Françoise Sagan?" J'ai répondu: "Laisse tomber, on est sept à s'être cassé le nez dessus, on n'y arrivera jamais. Les musiques ne sont pas à la hauteur du texte." Il est parti avec les paroles et deux jours après, il est revenu avec la musique. Ensuite, on a voulu que le choix des auteurs soit homogène, corresponde au niveau de Françoise Sagan. C'est pour cela qu'on a choisi des gens comme Miossec, Zazie, Labro...

- Vous connaissiez déjà bien Miossec?
- Je connaissais un de ses albums.

- Vous écoutez beaucoup de musique?
- Non. J'écoute la radio dans ma voiture ou je vais voir des concerts. Je fais déjà de la musique, alors je ne vais pas m'enfermer chez moi pour écouter des disques. Je suis un peu comme mon fils: je déteste le studio. Mais il faut bien y aller pour enregistrer. Autant j'aime la scène, autant je m'ennuie en studio. J'aime travailler rapidement, qu'une chanson vienne dans les dix minutes.

- Était-ce intimidant de travailler avec votre fils?
- Oui, bien sûr. Mais ça l'était pour lui aussi. Il était dans ses petits souliers et moi aussi j'étais très stressé. Pour lui, c'est aussi important, sinon plus, d'être reconnu comme compositeur que comme chanteur. Il veut écrire pour d'autres, ne pas seulement chanter ses chansons. Et la première fois qu'il écrit un album pour quelqu'un d'autre, c'est pour son père. Alors, on a fait cet album en connivence, avec beaucoup d'amour, mais en même temps avec beaucoup d'inquiétude. Et on en est sortis vivants...

- Vous revenez de tournée: avez-vous déjà chanté des chansons de cet album sur scène?
- Je ne le fais pas parce que je n'ai jamais le temps. Je suis resté trois semaines en studio pour cet album alors que d'habitude on prend deux mois. Je venais de finir le film de Laetitia Masson, Only You, avec Sandrine Kiberlain, puis je suis rentré en studio avec David et je partais en tournée le 28 juin. Il fallait impérativement que l'album soit fini le 27 parce que je prenais mon avion à 11 heures pour aller chanter à Grenoble, mon premier concert. Je ne pouvais pas trainer en longueur!

- Cela apporte-t-il beaucoup de travailler vite?
- L'état d'urgence nous fait faire obligatoirement quelque chose de plus vrai que quand on a le temps. Il y a des artistes qui restent un an en studio. Le résultat peut être formidable, mais ce n'est pas obligatoirement mieux que quand on doit rendre le studio tel jour à telle heure.


- Pourquoi ne jamais avoir acheté de studio, pour simplifier les choses?
- J'y ai pensé, bien sûr. J'ai fait un album chez moi à la Lorada, à Saint-Tropez, et ça été un enfer. Les musiciens habitaient sur place, on avait installé tout le matériel dans la maison. Dès le matin à neuf heures, quand je descendais pour le petit déjeuner, il y avait quarante personnes dans le salon qui tiraient des fils. Au bout d'une semaine, on a tout remballé et on est retourné à Paris finir le disque en studio.

- Toutes les chansons de Sang pour sang vous ressemblent?
- Pas obligatoirement. Dans le choix des chansons d'un album, on est un peu comme un acteur: il faut s'adapter à son choix, et pas forcément en fonction de ce que l'on est. Sinon, on chanterait toujours la même chose, ce qui n'est pas marrant.

- Justement, vous sentez-vous l'envie, pour vos concerts à l'Olympia l'été prochain, de jeter un oeil dans le rétroviseur?
- Il est certain que je ferai quelque chose de cet ordre, que je reviendrai sur les premières chansons que j'ai chantées - ou du moins les moins nouvelles -, des chansons que je n'ai pas encore chantées ou une fois seulement, un peu comme un best of. Je fais voter les fans sur bulletin: ils choisissent sur soixante chansons celles qu'ils souhaitent entendre. Je commence à recevoir des bulletins.

- Cela vous fait des surprises?
- Par exemple, une chanson des années 70 que vous ne devez pas connaître et dont je ne me souvenais plus, Comme une ombre sur moi, a obtenu plus de trois cents voix alors que J'ai oublié de vivre en a obtenu seulement 180.

- Quelle est la proportion de bons souvenirs dans votre carrière?
- Sur l'ensemble de tous les spectacles, 80% de bons souvenirs.

- Et votre pire souvenir?
- J'étais sûr que vous me le demanderiez. Mais j'ai tendance, là-dessus, à avoir mauvaise mémoire...

Propos recueillis par Bertrand DICALE

Sources : RFI

Posté par Adriana Evangelizt

 

publié par Adriana EVANGELIZT dans: JOHNNY INTERVIEW

Texte libre

 

Si vous aimez Johnny et ce blog, votez pour lui...

BlogueParade.com - Annuaire des Blogues francophones

Il y a  1  personne(s) sur ce blog

Newsletter

Inscription à la newsletter

Image aléatoire

Calendrier

Septembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur activblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus